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Monday, June 16, 2008

Accouchement (5)


Heureusement, après vingt quatre heures en couveuse, G. nous rejoint dans la chambre de la maternité. Je dis nous, parce que moi aussi, je dors là bas, sur un lit pliant. Enfin, dormir, c'est vite dit. Vu leurs petits poids, nos crevettes doivent manger toutes les trois heures, alors qu'un double repas prend environ une heure trente. Il nous reste alors, si tout va bien, une heure trente de sommeil à prendre entre les têtées. Je ne vous dis pas ce qu'on pète la forme...

En outre, au début, en plus des visites, les examens abondent. Echographie crânienne pour A (on l'a sortie avec une ventouse), échographie des reins pour G (elle fait moins de 2.5kg), examen pédiatrique global, otoémissions (pour dépister la surdité), taux de bilirubine (pour la jaunisse). Chaque examen provoque du stress : est-ce que tout va bien ?

Evidemment, parfois ça coince. Le taux de bilirubine de A. se révèle trop élevé, il faut la passer aux UV. Pas bien grave en soi, ça arrive à plein de bébés, mais l'appareil impressionne (voir photo). Ses otoémissions ne répondent pas d'un côté. Le spectre d'une surdité partielle nous hante. Ca durera 3 semaines jusqu'à ce qu'enfin, elle "réussisse" l'examen. G. de son côté présente un petit "clic" de hanche, autrement dit, sa jambe ne serait peut-être pas bien emboîtée dans sa hanche. Heureusement, une nouvelle écho nous rassurera.

Par dessus tout, leur poids nous inquiète. La courbe de croissance d'un bébé décroît toujours juste après la naissance, mais en cas de petit poids, il faut minimiser cette période. Du coup, en plus du sein, elles reçoivent des compléments de lait, à la seringue (par la bouche et sans aiguilles, je vous rassure). Nous commençons à guetter l'heure de la balance avec angoisse. Ca va durer quelques mois.

Rapidement, la réalité nous apparaît clairement : nous sommes devenus responsables de deux vies.

Wednesday, June 4, 2008

Accouchement (4)


Après la naissance des filles, le personnel médical diminue très vite en nombre. Ne restent qu'une infirmière et notre gynéco qui vérifie que le placenta est bien entièrement sorti. Franchement pas très frais, ça m'évoque du foie de veau, mais bon, je commence déjà à m'habituer. Fini le propre, l'immaculé et l'imaginaire, je me retrouve en plein dans l'humain, le physique.

Mes deux bébés tout neufs reposent directement sur la poitrine de leur Maman. Toutes calmes, elles ouvrent de temps en temps de grands yeux. L'infirmière essaye de lancer une première têtée pour chacune. G. s'y met rapidement, c'est ce qui lui a valu son surnom de "Reine de la tête", qu'elle méritera amplement par la suite. Evidemment, à ce moment, elle ne trouve pas encore beaucoup de lait, mais il paraît que si cette première têtée se passe bien, l'allaitement en est facilité. A. par contre, a un peu du mal. L'infirmière lui montre, ainsi qu'à sa Maman, comment s'y prendre, mais elle s'assoupit un peu.

Il est environ huit heures et il règne une ambiance étonnament apaisée, après le tourbillon de l'accouchement. Je passe les premiers coups de téléphone à la famille. Je ne me rappelle pas ce que j'ai dit, mais sans doute rien à la mesure de l'évènement. Je descends dix minutes à l'entrée de l'hôpital où mes parents et mon frère attendent depuis des heures. L'hôpital a fermé ses portes pour la nuit et ils sont un peu esseulés dans le hall. On s'embrasse, on est heureux, un peu hébétés, on s'aime. Malheureusement ils ne peuvent pas monter encore. Je remonte.

Mes filles ne pèsent pas très lourd, 2,5kg pour A. et 2,3kg pour G., moins que prévu à l'échographie. Du coup, leur glycémie est surveillée de près (on leur prélève de petite gouttes de sang en les piquant aux doigts) . Et malheureusement, pour G., ça diminue, en même temps que sa température. La pédiatre vient nous expliquer qu'il va falloir la mettre en couveuse même si elle ne l'inquiète pas trop. C'est quand même LA mauvaise nouvelle, le dernier écueil qu'on aurait voulu éviter, après la prématurité et la césarienne. On nous déménage vers la maternité avec A. pendant que G. monte d'un étage en néonatologie.

Heureusement, ce service permet l'accès aux parents à volonté. C'est mon Amour qui monte en premier et qui laisse un t-shirt à elle là-bas pour que G. sente l'odeur de sa Maman. On lui a mis une perfusion pour qu'elle ait du sucre. Toute sa petite main est enturbannée pour qu'elle ne puisse pas enlever le tuyau. Pendant ce temps, A. dort deux étages plus bas. Mon Amour et moi, nous voudrions tous les deux être aux deux endroits en même temps.

Monday, January 14, 2008

Accouchement (3)

Vers midi, on nous déménage vers la plus grande de salles d'accouchement, où on peut caser tout le personnel nécessaire. A peu près à ce moment, la gynéco, qui passe régulièrement, décrète que mon Amour peut recevoir une péridurale. Après un milliardième de seconde d'hésitation, elle choisit de le faire. C'est bien joli, l'accouchement naturel, mais nom d'un chien, ça fait trop mal. Malheureusement, après la décision, nous attendons presque une heure avant le passage de l'anesthésiste. Ca semble une éternité, vu que mon Amour souffre et qu'on sait que ça pourrait s'arrêter plus vite.

La piqûre elle-même est paraît-il impressionante, mais comme j'offre mon épaule à Mon Amour pour poser sa tête, je ne vois pas la base de son dos. Tant mieux. Après ça, rapidement, la douleur cesse. Commence alors une période un peu étrange : régulièrement, la gynéco passe et nous annonce une ouverture plus grande du col, alors que future Mère de Jumelles ne sent presque plus ses contractions. Le calme revenu nous permet de discuter calmement, de mettre un peu de musique douce. Je trouve même l'envie de filmer et photographier un peu (rien de gore, je vous rassure). Vers la fin, nous stressons quand même à cause du monitoring foetal placé sur la tête de A. Pendant les contractions, son rythme cardiaque diminue parfois un bon coup. Si ça baisse trop, une infirmière vient rapidement faire bouger mon Amour, pour essayer de trouver une position moins propice à la soufrance foetale. (Encore une horrible expression.) Vers 16H00, notre gentille gynéco interrompt mon coeur pour quelques battements : "Col presque entièrement ouvert. Dans une demi-heure, on y va". On pourrait presque dire qu'on n'a rien vu venir.

Après à peine quelques baisers d'encouragement, une petite troupe médicale débarque. Finalement, je m'en fiche. Je suis content qu'il y ait tant de gens pour aider mon amour, pour nous aider. Je me cache derrière la tête du lit, afin de ne gêner personne et de tenir les mains de mon Amour.

Pour la suite, c'est presque comme dans les films, sauf que c'est nous : "Allez Madame, poussez, poussez!", "Je vois la tête", "Encore une bonne fois". A. naît vers 17H20, après avoir un peu souffert du passage, mais je préfère oublier ça. Dès sa naissance, je vois concrètement que ma vie sera désormais faite de dilemnes : dois-je rester près de mon Amour pour l'aider pour la suite, ou aller m'occuper de ma fille ? Je décide d'aller voir jusqu'à la table à langer, à trois énormes mètres de mon Amour, mon bébé qu'on pèse, nettoie, triture et finalement habille avec le body qu'on a soigneusement préparé ( celui avec des petites lunes ). Je la prends dans mes bras pour la première fois. Elle est toute petite, un peu gluante et a une peau bizarre. C'est ma fille.

Ensuite, je retourne partager mes impressions avec mon Amour. Je lui affirme que sa fille est très belle. Le pire, c'est que je suis sincère. A peu près à ce moment, notre beauté se met à pleurer et la gynéco s'exclame "Elle a un beau cri". Si elle le dit, c'est que je peux en être fier, c'est quand même une experte. J'en suis donc très fier.

Il reste une angoisse importante: si depuis des semaines, A., en bon petit soldat, avait mis sa tête vers le bas, G. est toujours en transverse. Une césarienne est donc toujours possible malgré cette première naissance par voie basse. Ca fait des semaines qu'on croise les doigts pour que ça n'arrive pas. Il faut croire que ça sert, parce qu'avec l'aide de quelques poussées sur le ventre, A. prend la direction de la sortie, et dans le bon sens s'il vous plaît. Déjà nous l'aimons très fort !

Notre deuxième choupette naît en très peu de poussées, un gros vingt minutes après sa soeur. Ma première impression est similaire : gluante, incroyablement petite, et avec une drôle de peau. C'est ma deuxième fille. En vingt minutes.

Tuesday, February 13, 2007

Percentile

Les percentiles sont une généralisation de la médiane. La médiane, c'est la valeur qui sépare en deux une population. Une moitié présente une valeur supérieure et l'autre moitié une valeur inférieure. Le percentile 40, c'est la valeur qui sépare 40 pourcents de la population des 60 autres.

Eh bien, les poids de mes filles sont tous les deux entre le percentile 10 et le percentile 40. Et ça, c'est cool. A 35 semaines et 3 jours, elles ont le poids de certains bébés sains (mais petits) à 40 semaines. Et mon amour n'a meme pas l'air d'une baleine. Elle a seulement l'air de planquer une pastèque de bonne taille sous son gilet.

Quel utérus de compète !

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