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Wednesday, June 4, 2008

Accouchement (4)


Après la naissance des filles, le personnel médical diminue très vite en nombre. Ne restent qu'une infirmière et notre gynéco qui vérifie que le placenta est bien entièrement sorti. Franchement pas très frais, ça m'évoque du foie de veau, mais bon, je commence déjà à m'habituer. Fini le propre, l'immaculé et l'imaginaire, je me retrouve en plein dans l'humain, le physique.

Mes deux bébés tout neufs reposent directement sur la poitrine de leur Maman. Toutes calmes, elles ouvrent de temps en temps de grands yeux. L'infirmière essaye de lancer une première têtée pour chacune. G. s'y met rapidement, c'est ce qui lui a valu son surnom de "Reine de la tête", qu'elle méritera amplement par la suite. Evidemment, à ce moment, elle ne trouve pas encore beaucoup de lait, mais il paraît que si cette première têtée se passe bien, l'allaitement en est facilité. A. par contre, a un peu du mal. L'infirmière lui montre, ainsi qu'à sa Maman, comment s'y prendre, mais elle s'assoupit un peu.

Il est environ huit heures et il règne une ambiance étonnament apaisée, après le tourbillon de l'accouchement. Je passe les premiers coups de téléphone à la famille. Je ne me rappelle pas ce que j'ai dit, mais sans doute rien à la mesure de l'évènement. Je descends dix minutes à l'entrée de l'hôpital où mes parents et mon frère attendent depuis des heures. L'hôpital a fermé ses portes pour la nuit et ils sont un peu esseulés dans le hall. On s'embrasse, on est heureux, un peu hébétés, on s'aime. Malheureusement ils ne peuvent pas monter encore. Je remonte.

Mes filles ne pèsent pas très lourd, 2,5kg pour A. et 2,3kg pour G., moins que prévu à l'échographie. Du coup, leur glycémie est surveillée de près (on leur prélève de petite gouttes de sang en les piquant aux doigts) . Et malheureusement, pour G., ça diminue, en même temps que sa température. La pédiatre vient nous expliquer qu'il va falloir la mettre en couveuse même si elle ne l'inquiète pas trop. C'est quand même LA mauvaise nouvelle, le dernier écueil qu'on aurait voulu éviter, après la prématurité et la césarienne. On nous déménage vers la maternité avec A. pendant que G. monte d'un étage en néonatologie.

Heureusement, ce service permet l'accès aux parents à volonté. C'est mon Amour qui monte en premier et qui laisse un t-shirt à elle là-bas pour que G. sente l'odeur de sa Maman. On lui a mis une perfusion pour qu'elle ait du sucre. Toute sa petite main est enturbannée pour qu'elle ne puisse pas enlever le tuyau. Pendant ce temps, A. dort deux étages plus bas. Mon Amour et moi, nous voudrions tous les deux être aux deux endroits en même temps.

Friday, April 25, 2008

Boum !

Nous sommes partis en vacance récemment. Les vacances, c'est à la fois agréable, parce qu'on change d'endroit, et inconfortable, parce qu'on change d'endroit.

On était un peu tendu, suite à la cohabitation non stop avec mes parents pendant une semaine. On les apprécie vraiment, mais bon, à notre âge, on a perdu l'habitude d'avoir nos parents qui vivent avec nous, et eux n'ont pas tout à fait perdu l'habitude de nous surveiller, de nous materner.

En fait, je cherche des excuses, mais ce n'est pas vraiment la faute de tout ça si j'ai failli tuer ma fille. Je l'ai simplement perdue de vue quelques secondes, pendant que je la changeais sur un lit d'adulte. En fait, mon Amour et moi, on s'engueulait un peu, pour une bêtise: elle avait collé du papier collant sur le mur de l'appartement de location, pour empêcher la lumière d'entrer dans la chambre allouée à nos filles, et forcément, ça allait laisser des traces. J'ai regardé le mur dix secondes, mais ça a suffi à G. pour se retrouver la tête la première sur le parquet. Je n'ai évidemment pas vu comment c'est arrivé.

Je n'oublierai sans doute jamais l'horrible "Boum !" qui a empli la pièce. Elle s'est mise à pleurer tout de suite, ce qui, je l'ai appris plus tard, était une bonne nouvelle. Dans un cas comme ça, il faut emmener le bébé aux urgences, pour vérifier que tout va bien. Evidemment, comme nous n'étions pas chez nous, nous ne savions pas où aller. Du coup, nous avons plutôt échoué pour le traitement "en urgences". Il nous a bien fallu une heure pour arriver à l'hôpital.

Heureusement, entretemps, G. avait arrêté de pleurer, et elle rigolait dans la voiture. Aux urgences, on se serait presque senti ridicule avec ce bébé rigolard qui marchait dans tous les coins, ou jouait bruyamment avec des cubes, si ce n'était cet énorme oeuf de pigeon qui lui poussait sur le front. La jeune docteur qui nous a vu nous a dit ce qu'on savait déjà : qu'elle avait l'air en forme. Elle a rajouté que le fait qu'elle n'ait pas perdu connaissance après la chute était une bonne nouvelle, mais qu'il fallait quand même la surveiller pendant 24 heures, en la réveillant toutes les deux heures pour voir si ses pupilles gardaient la même taille et si elle ne somnolait pas trop. Bon, pas sûr que j'aie bien compris ce que veut dire "somnoler trop" pour un bébé à 3h du matin, mais on s'est bien réveillé toutes les deux heures. De toute façon, je culpabilisais tellement que s'ils m'avaient dit de faire le poirier toutes les vingts minutes, je l'aurais fait.

Après vingt quatre heures, G. ne montrait toujours que de bons signes et on a recommencé à respirer. Sa bosse s'est lentement muée en oeil au beurre noir, qui m'a rappelé pendant bien deux semaines mon incompétence parentale. Depuis, plein de parents m'ont raconté les horribles histoires de chute de leurs enfants, que ça soit de tables à langer, de mobylettes, à travers des vitres ou encore dans des escaliers, pour bien me montrer que "ça arrive à tout le monde", mais je ne crois pas que je serai un jour tout à fait remis.

C'est tellement fragile un bébé.

Monday, March 17, 2008

Objets


L'arrivée de mes jumelles a introduit toute une série d'objets dans ma vie. La plupart sont adorables et colorés et leur simple vue me met souvent de bonne humeur mais je me serais bien passé de certains dont, en tête de liste, les flapules de sérum physiologique, qu'on leur vide énergiquement dans le nez deux fois par jour (on pousse dans une narine, et ça ressort par l'autre, hmmmm, appétissant) et de manière plus générale, tous les médicaments que nous sommes obligés de leur faire ingurgiter. Ensuite, les tables à langer (nous en avons deux), qui non seulement prennent de la place, mais sont synonymes de bébés énervés, de caca sur les doigts (les miens, les leurs, ....) et de thermomètres introuvables. Enfin, les sièges autos, onéreux et lourds. Impossible d'ailleurs d'utiliser les places arrière pour autre chose. On trouve les lits pliants dans cette même catégorie des objets qui vous cassent le dos, et les doigts.

D'un autre côté, j'apprécie beaucoup les doudous de mes filles (voir photos). Nous trimballons la fraise de A. et la feuille de G. partout avec nos filles. Toutes les deux, elles s'en saisissent avant de dormir, les plaquent sur leur nez tout en collant leur pouce en bouche, et se tournent sur le côté pour une bonne nuit de sommeil. Un spectacle tout à fait réjouissant. Cependant, cela ne va pas sans inconvénient : jusqu'à dernièrement, j'avais l'impression qu'elles pourraient encore facilement se passer de leurs peluches, mais un soir, en allant chez ma belle-mère, je les ai oublié et A. a hurlé pendant une heure et demie avant de s'endormir. J'ai ensuite été tellement traumatisé par les sanglots qu'elle continuait à produire en dormant, que j'ai fait 50 km de voiture pour lui ramener sa fraise adorée. Moi qui me prenais pour un écologiste. Je suis effaré de voir à quel point mes filles peuvent être dépendantes d'un objet. Du coup, on a acheté un deuxième exemplaire de chaque doudou, que nous stockons par sécurité dans la voiture, qui en général, nous accompagne en déplacement ...

D'autres objets me réjouissent et me font fondre de tendresse : les vêtements (bodys rayés, salopettes en velours, robes à fleurs, pyjamas ornés d'animaux), les jouets de bain (notamment, nos petits lapins à bouée), les chaussons (Bobux roses avec une fleur pour A., marrons avec plusieurs petites fleurs pour G.) , les bonnets (surtout les péruviens), et enfin, les livres. Pour ces derniers, un petit bémol quand même, je les aimais mieux avant de connaître par coeur des pages entières de textes aussi transcendants que "Pour qui ce petit bisou ? C'est pour toi ce petit bisou !".


PS : les doudous, on peut les acheter ici.

Wednesday, December 19, 2007

Et l'argent, dans tout ça ?

"Quand on aime, on compte". Pour être sûr de pouvoir offrir à mes filles le nécessaire, et un peu de superflu, je dois répertorier les recettes et les dépenses.


D'abord les moins nombreuses, les recettes:

  • La double prime de naissance (Un des rares avantages financiers des jumeaux en Belgique, on touche deux fois la prime d'un premier enfant, qui est plus élevée que pour les suivants).
  • Les cadeaux, qui pour nous ont été très nombreux. Ca ne représente pas que de l'affection mais aussi beaucoup d'argent économisé.
  • Les allocations familliales (224€ par mois) qui couvrent à peu près la moitié du coût de la crèche. Ce n'est donc pas aussi négligeable que certains me l'ont prétendu.

Ensuite, les dépenses, qui elles par contre, viennent par régiments entiers:

  • La crèche, qui même si nous payons seulement 70% du prix (parce que nous avons deux enfants en même temps à la crèche), nous revient quand même à environ 550€ par mois.
  • Un loyer augmenté: on a déménagé parce qu'il nous fallait plus d'espace (et moins d'escaliers).
  • De nouveaux meubles (on les aurait bien couchées dans la baignoire, mais il paraît que ça aurait pu nous attirer des ennuis).
  • Une nouvelle voiture: impossible de caser tout le matériel dans notre vieille Corolla. Il y a aussi les sièges autos qui vont avec, mais ça, heureusement, on nous les a offerts (j'ai été scié par le coût d'ailleurs, environ 200€ par siège).
  • Les poussettes et autre porte-bébés. Pourquoi plusieurs poussettes me direz-vous ? Parce que la première prenait la place d'un porte-avion, et que si la deuxième était parfaite, de temps en temps, on a aussi eu besoin de n'en transporter qu'une seule à la fois. Heureusement, les trois poussettes ont été achetées d'occasion (Vive Ebay, parce qu'une poussette double neuve, avec tous les accessoires, ça va chercher dans les 1200€). Les porte-bébés nous ont quant à eux été offerts.
  • Les visites chez le médecin et les médicaments : les essentiels sont remboursés, comme les antibiotiques, mais pas tout ce qui tient plus au confort, et qui est pourtant inévitable, comme par exemple les crèmes contre les mycoses, ou la location d'un vaporisateur. Dans tout ça, on pourrait aussi inclure les dépenses liées à l'accouchement, largement plus importantes que pour un bébé tout seul (rappelez vous, deux pédiâtres, deux gynécos, deux infirmières, ...), même si à nouveau, l'essentiel est remboursé (Et vive la sécurité sociale).
  • La nourriture : le lait en poudre qui, même si nous l'achetons en gros à une association de parents de jumeaux (merci à eux), nous coûte quand même quelque chose comme 70€ tous les mois et tous les fruits et légumes (Marrant d'ailleurs de voir à quel point elles mangent plus sainement que leurs parents).
  • Le congé de maternité prolongé : pour des jumelles, trois mois, ça paraissait beaucoup trop court. Malheureusement, difficile de se faire payer convenablement les mois suivants.
  • Les vêtements et les chaussures : apparemment, les secondes coûtent aussi chers que l'ensemble des premiers, sauf si vous arrivez à résister à la pression sociale qui vous souffle à l'oreille que "Les chaussures, c'est hyper important, tu imagines, pour leurs premiers pas."
  • Les couches : un poste ardemment discuté en général, mais finalement pas tellement important, pas plus que le lait en tout cas.
  • Les babysittings : allez voir le message précédent.

Je ne regrette aucune de ces dépenses (et surtout pas les quatre mois supplémentaires de congé maternel), mais en même temps, j'aimerais mettre plein d'argent de côté, pour m'assurer, ainsi qu'à mes filles, une certaine tranquilité plus tard. Et à côté de ça, la publicité tend à nous faire culpabiliser, nous accusant implicitement de faire des économies sur le dos de nos enfants lorsque nous achetons d'occasion ou à bon marché : le bon exemple, c'est la couche Pampers, qui garde les fesses de votre bébé au moins 200% plus au sec qu'une couche bon marché. La palme du genre revient aux catalogues d'une chaîne de produit pour bébés, Dream Baby pour ne pas les citer. Ces gens avaient pris la peine de rajouter une page entière pour expliquer à quel point un fauteuil de voiture d'occasion était moins sûr qu'un neuf. Bonjour l'angoisse.


Une seule solution donc, gagner plus d'argent. Facile et en plus, je dois sûrement être le premier à penser à ça. Le seul problème, c'est que pour gagner plus d'argent, souvent, il faut travailler plus, et pour ça, il faut plus de temps. Ce n'est pas dans la poche.

Wednesday, November 14, 2007

Babysitting


Nous avons décidé de faire appel à une babysitter. Une bonne soirée à deux de temps en temps nous rappelera que notre couple existe encore en dehors des jouets bariolés et des couches usagées. Nous pouvons nous lancer assez sereinement vu que nos filles dorment tous les jours depuis environ 19H30 jusqu'au lendemain 7H00 et que, par conséquent, pour 7€ de l'heure, la babysitter n'aura pratiquement qu'à regarder la télé (ce qui il est vrai, devrait parfois donner droit à des indemnités). Il n'empêche que, "au cas où il se passerait quelque chose", nous ne pouvons pas nous contenter de la première adolescente qui passe, alors qu'elle est potentiellement irresponsable, droguée, nymphomane, schyzophrène, épileptique et psychopathe. Et non, je ne suis pas angoissé du tout.

Nous nous sommes donc lancés à la recherche de candidates via une petite annonce à la pharmacie du coin. Assez rapidement, nous avons reçu pas mal de coups de téléphone. C'eut été parfait, si celles que nous avons conviées à nous rencontrer s'étaient présentées à l'heure, ou nous avaient simplement prévenus qu'elles ne viendraient pas ... Je me vois mal confier les deux prunelles de mes yeux à quelqu'un qui n'arrive même pas à se tenir à un rendez-vous.

Heureusement la fille d'une voisine, une maman toute récente, s'est déclarée intéressée. Nous lui avons donc confié nos filles pour une soirée. Seulement voilà, en rentrant, je remarque que la chaîne à la télé n'a pas changé depuis mon départ (France 4, pourtant, ce n'est pas toujours passionnant) et je lui fais aimablement part de mon observation. Il faut bien discuter un peu, parfois. Voilà qu'elle me répond : "Oui, en fait, je ne suis pas arrivé à changer la chaîne"... J'ai dû beaucoup résister à l'envie de lui répondre courtoisement qu'"Il faut utiliser ce truc avec des boutons, là, la télécommande. Ca ressemble d'ailleurs assez fort à un téléphone, le truc qu'il faudrait utiliser pour m'appeler si une de mes filles hurlait à la mort." J'ai résisté, mais nous ne l'avons plus rappelée.

Finalement, par une connaissance, nous avons trouvé une babysitter compétente, qui a d'ailleurs le bon goût de porter le même prénom qu'une de mes jumelles. Les deux prénoms, ça aurait été mieux, mais il paraît qu'il ne faut pas trop demander. Pour compenser, elle fait du babysitting depuis des années et souvent pour plusieurs enfants en même temps. Il ne reste plus qu'un problème : le coût. Parce qu'à 6,5 € de l'heure (oui, on a un peu négocié), on a intérêt à s'éclater comme des bêtes. En plus, avec la fatigue que je me traîne, dès 22H00, je suis assommé et probablement assommant. Il va falloir se dépêcher de profiter de la soirée...

Monday, October 8, 2007

Les petits matins

Pour un bon début de journée, tout est dans le rythme. Chaque tâche doît être rapidement menée pour préserver la bonne humeur de nos diablotines, ainsi que la nôtre. Il peut y avoir câlin dans le lit parental, mais pas assez longtemps pour qu'elles se rendent compte qu'elles ont faim. Quand on les change, attention à terminer avant qu'elles en aient marre d'être manipulées. Enfin, veiller à préparer le biberon avant qu'elles s'énervent. Là, Mère de Jumelles a un avantage, puisqu'elle allaite encore A. le matin : son sein est toujours prêt. Eventuellement, le biberon peut passer avant le change, mais ça dépend de votre tolérance, et de celle de leur postérieur, au beau gros caca (la selle matinale si vous préférez, mais ce terme manque un peu, si vous me passez l'expression, de consistance).

Bon, après le biberon, c'est plus calme. Elles digèrent, et nous n'avons plus à craindre que les régurgits, les jeux dangereux ("Non chouchoutte, pas la main dans le magnétoscope") et les premiers résultats de la digestion du matin. Oui, oui, un autre beau gros caca, c'est bien ça que je veux dire. Au milieu de tout ça, ou idéalement avant si elles ne se sont pas réveillées trop tôt, on peut penser à s'habiller, passer au petit coin, se faire un bisou entre parents hagards, et surtout boire un grand café.

Et ne parlons pas des jours où Mère de Jumelles n'est pas là (elle travaille parfois la nuit). Pour ces matins là, si tout n'est pas préparé le soir précédent, je suis débordé. Il faut les vêtements prêts sur la table, les biberons propres, la cafetière sur programmateur horaire, et une bonne nuit derrière moi.

Commencer la journée sur le bon pied demande donc une organisation sans faille. Et pourtant, je trouve ça parfois plus facile qu'avant. Depuis la naissance, je trouve beaucoup plus de sens à me lever le matin pour aller gagner de l'argent.

Tuesday, October 2, 2007

Fatigue (2)

Je suis fatigué. Pas de m'occuper de mes filles, non, pour l'instant j'aime toujours beaucoup ça, mais simplement fatigué physiquement. Mes genoux me font mal, les muscles de mon dos restent tendus, j'ai un torticolis qui traîne et un mal de gorge qui commence. En fait, c'est un peu ma faute : quand mes filles s'endorment, j'ai envie de remplir mes soirées comme avant. Regarder des films, lire, voir des amis, cuisiner. Malheureusement, après, il me reste moins de temps pour dormir alors que l'heure de lever ne change guère de matin en matin. (D'ailleurs, notez bien, futurs parents, que vos enfants ignorent tout du concept de "grasse matinée du week-end").

Du coup, en journée je suis plus irritable. Ce matin, par exemple, j'ai tapé du poing en me rendant compte que G. devait être à nouveau complètement changée, augmentant ainsi la tension de toute la famille (Pardon Mon Amour). Ca me déprime et me rappelle une phrase du guide des jumeaux qui disait que "Les jumeaux sont dépressiogènes", c.-à-d. qu'ils provoqueraient la dépression. C'est une phrase horrible, mais qui m'a forcé à réfléchir. Tout d'abord sur le livre, écrit dans une optique clinique, sans souci de rassurer les futurs parents, ou de leur transmettre un peu d'optimisme. Les auteurs ne s'en cachent d'ailleurs pas dans leur introduction, au contraire bien sûr du marketing qui entoure le bouquin. Ensuite sur la phrase : si vous voulez mon avis, je ne suis pas d'accord du tout. Ce ne sont pas les jumeaux, mais la fatigue qui est dépressiogène ... et le guide des jumeaux qui est anxiogène.

Sunday, September 30, 2007

Morve et autres sécrétions

Qu'on ne vienne pas me dire que la nature est bien faite. C'est peut-être vrai dans certains cas, comme pour la peau des dauphins, la pollinisation ou le merveilleux système de reproduction des hippocampes, mais les contre-exemples abondent.

Au hasard, parlons du trou immunitaire. C'est cette période entre 5 et 15 mois (je pense et j'espère que ça s'arrête bien à ce moment là), pendant laquelle les bébés ne sont plus protégés par les anticorps de leur mère* et pas encore munis d'un système immunitaire efficace. Ca nous fait donc environ 10 mois où ils vont se choper tous les virus et bactéries qui passent. Si la nature était si bien faite, il n'y aurait pas tant de morve à aspirer tous les jours !

Parce que bon, si le nombre de langes chargés** par jour a diminué avec le nombre de repas (désormais quatre par jour), le nombre de mouchoirs humides a lui explosé. En outre, pour mon grand malheur, mes filles ne savent pas encore se moucher. Pour vraiment leur dégager le nez, il nous faut donc recourir à l'utilisation du mouche-bébé. Cet ustensile est en fait essentiellement un mince tuyau muni d'un petit réceptacle à morve, que vous enfoncez dans les minuscules narines de vos enfants, avant d'enfourner l'autre extrémité dans votre bouche et d'aspirer énergiquement. Attention, pas trop énergiquement sinon je vous laisse imaginer les désagréments...

Le pire dans tout ça, c'est que les filles détestent ça. Et si à la limite, je peux supporter d'ingérer quelques uns de leurs microbes, les faire pleurer sciemment, ça, je ne m'y suis pas encore habitué.



* Le trou immunitaire est amenuisé si l'allaitement continue, mais avec des jumelles et un travail prenant, ça s'annonce aussi facile pour Mère de Jumelles que ça a du l'être de survivre au naufrage du Titanic.

**Un euphémisme à l'intention des futurs parents.

Tuesday, September 25, 2007

Se déplacer avec des jumelles


Se déplacer avec des jumelles de 6 mois, ce n'est pas une sinécure.

Au quotidien, nous nous déplaçons principalement à pied. Bon, là, ne nous plaignons pas trop, nous avons trouvé une "pousette de compète" qui prend à peine plus de place qu'une poussette simple*. Cependant, malgré ça, c'est en me déplaçant avec la poussette que je constate le grand n'importe quoi de l'aménagement urbain : poteaux au milieu de la rue, bordure de trottoirs trop élevées, escaliers sans rampe d'accès alternative, et j'en passe.

En fait, tout ça ce n'est rien, le pire, c'est quand il faut rentrer sans la poussette dans un batîment, ce qui pour nous arrive principalement à la crèche. L'intérêt de l'affaire, c'est que Mon Amour, et moi dans une moindre mesure, nous nous musclons les épaules et le dos. Essayez seulement de porter deux bébés d'environ huit kilos (sic) dans leurs sièges voitures. On va finir avec des carrures de déménageur.

Enfin, quand même, notre mobilité s'améliore: jusqu'à récemment, pour nous déplacer le week-end, nous n'avions toujours que notre vieille Toyota Corolla à trois portes, où nous devions nous plier en quatre pour attacher les sièges autos. Ensuite, il ne nous restait plus qu'à bourrer la voiture jusqu'au bord de l'explosion avec la poussette, les lits pliants, le sac à langer, et éventuellement un ou deux sacs pour nous. Continuons à voir le positif : ça nous a appris à ranger efficacement, et nous profitons d'autant mieux de notre nouvelle camionnette familliale d'occasion**.

Clôturons par le meilleur : l'avion. A l'occasion d'une petite semaine de vacances, nous avons découvert les plaisirs de l'aéroport avec des bébés. Tout d'abord, les durées d'enregistrement et de contrôle de sécurité sont multipliées par au moins trois. A l'enregistrement au départ, G. n'apparaissait pas dans les listings et au retour, on s'est rendu compte que de toute façon, il n'y a pas assez de masques à oxygènes pour tout le monde, si on compte nos filles. Aux contrôles de sécurité, il faut passer la poussette aux rayons X. Evidemment, dépliée, elle ne rentre pas dans les scanners. Ne reste plus qu'à sortir les jumelles des fauteuils, que l'on détache ensuite avant de replier la poussette. Le tout avec deux bébés dans les bras, et un garde qui vous demande d'enlever votre ceinture. Pour l'occasion, mon conseil : enregistrez votre poussette en soute et passez les contrôles avec des porte-bébés en toile.

Après tout ça, il y a l'avion lui-même. En fait, il n'y a strictement rien de prévu pour les bébés. Ils ont juste le droit de rester sur vos genoux, en faisant le moins de bruit possible, sous peine de se faire fusiller du regard par la bimbo d'à côté. Pas de table à langer dans les toilettes, pas d'espace pour se défouler, pas de micro-ondes pour les biberons et les panades (alors que pourtant, il faut leur donner à boire au décollage, pour éviter la montée de pression dans les oreilles). Pas étonnant que leurs billets d'avion n'ait coûté que 7 euros par enfant.

Enfin, tout ça a surtout confirmé une chose : nos filles sont formidables. Même dans ces conditions, elles n'ont quasiment pas bronché, faisant des sourires à tout le monde et s'endormant pour la fin du vol. Une image va d'ailleurs me rester : lorsque nous allions monter dans l'avion, il nous a fallu (encore!) replier la poussette, pour qu'on la mette en cale. Très momentanément, j'ai confié G. à l'hôtesse de l'air. Elle a alors continué l'accueil des passagers avec dans les bras une petite fille fendue d'un sourire d'une oreille à l'autre. Ca m'a fondu d'amour.

*Je n'ai pas l'habitude de faire de la pub, mais la Powertwin de Jané, elle déchire. Pas moins.
** Je vais commencer à prendre l'habitude de faire de la pub, mais la Citroën Berlingo, elle arrache. Pas moins.

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