Monday, June 11, 2007

Parler trop vite - Régression

Bon, apparemment, dans mon dernier message, j'ai parlé trop vite. Depuis une semaine, A. se réveille de plus en plus tôt le matin, avec une pointe à 2H00 du matin aujourd'hui.

Désespérant. Si au moins, elles avaient atteint les cinq kilos fatidiques au-delà desquels "la littérature" affirme qu'elles ont assez de réserves pour passer une nuit sans manger, on ne se poserait pas trop de question. Malheureusement, ce n'est pas encore le cas.

Je me rends compte que c'est un classique parental ça, parler trop vite. Combien de fois nos filles ont-elle ponctué notre "Oh, on dirait qu'elle s'endort", d'un petit cri rageur ? L'inverse arrive aussi souvent : on commence à penser qu'elles ne s'endormiront jamais et hop, d'un coup d'un seul, c'est le silence complet. Les jeunes parents à qui nous en avons parlé se reconnaissent très bien. Les "vieux" parents eux, ont souvent oublié. Amusant, ça, d'ailleurs, de voir à quel point certains parents ont oublié comment ça peut être.

Bon, pour finir sur une note positive, il faut noter qu'elles évoluent à toute vitesse. Désormais, la communication est incessante pour G. qui entretient de longues discussions ponctuées d'adorables petits vagissements (quel horrible mot). A. elle, a trouvé son pouce, commence à se retourner et observe calmement les gens autour d'elle. D'ailleurs, il paraît que c'est souvent comme ça, un progrès est accompagné d'une phase de régression sur un autre plan. Apparemment, comme les adultes, les bébés ne peuvent pas faire plusieurs choses en même temps. Enfin, les adultes, je veux dire les adultes qui ne sont pas parents de jumeaux ;-)

Monday, June 4, 2007

Normalisation

Le plus dur est passé. Désormais, nos filles s'endorment à des heures à peu près prévisibles et dorment souvent de longues siestes la journée. Il arrive même que les deux dorment en même temps !!!! Du coup, nous retrouvons un petit peu de temps libre. C'est incroyable ce que ça fait du bien de pouvoir lire un peu, faire à manger, ranger avec ses deux mains.

Comme dit la soeur de mon amour :" Ce qui est culpabilisant là dedans, c'est qu'à un moment, on en vient à se dire qu'on aimerait qu'elles dorment tout le temps". Et c'est vrai que certains jours, c'est ce qu'on souhaite. Cependant, ce n'est pas tous les jours comme ça et je n'échangerais pas ma place quand l'une des deux me sourit de toutes ses dents. Ah, non, j'oubliais, elles n'ont pas de dents. Blague à part, c'est ça l'autre grande nouveauté : elles communiquent. Elles sourient quand on s'occupe d'elles et elles font des bruits en réponse aux notres, très variés (gloussements, imitations, barrissements, borborygmes, chants, et autres vocalises).

Le seul problème avec ce genre de progrès, c'est qu'on en demande toujours plus. Maintenant, on aimerait qu'elles s'endorment à 19H00 et plus à 21H30, pour qu'on ait des bouts de soiré. Ensuite, on aimerait qu'elles trouvent leur pouce, pour se calmer parfois toutes seules. Enfin, rien ne presse, il viendra bien assez vite le moment où nous dirons :"C'est passé tellement vite!".

Wednesday, May 16, 2007

Surnoms

Fétide et Vomito
Toukje et Moïseke
Zozo et Fafa
Choupette et Choupette (de compète, à gros pet, qui rouspète)
Cul-de-poule et Lavion
Winston Churchill et Fanouille la Fripouille
Papesse
Grosses pleines de lait
Tète-Machine et Reine de la Tète
Petit Bouddha et Petit Panda

Couples

Mon amour et moi, nous nous manquons mutuellement. Nous avons beau passer énormément de temps ensemble, nous avons tellement moins l'occasion de communiquer que par le passé. Et quand ça arrive, c'est souvent pour parler des filles. Nous avons beau dormir ensemble, nous nous manquons physiquement. Sans y penser, nous avions l'habitude de nous manifester, par un baiser, par une main sur l'épaule (ou ailleurs), notre attirance mutuelle. Désormais, nos mains sont prises et nos baisers sont employés par notre progéniture. Il nous faut faire des efforts conscients pour nous retrouver. C'est vrai dans tous les couples, mais les enfants, deux d'un coup en particulier, amplifient le phénomène.

Bon, heureusement, les filles commencent à dormir des nuits complètes. (A 11 semaines, oui, ça peut faire des jaloux). Si elles arrivent à s'endormir plus tôt, peut-être pourrons nous bientôt nous retrouver autour d'une bougie et deux verres de vin pour un bout de soirée. J'en rêve la nuit.

Tiens, à propos de couple, on ne peut pas vraiment dire que nos filles en forment un. Pour l'instant, elles s'ignorent mutuellement. C'en est même comique de voir à quel point leur soeur leur semble à peu près aussi intéressante qu'un meuble, et même parfois moins.

Maintenant, une remarque qui n'a rien à voir. Mon amour et moi fantasmons sur une idée; repérer en rue les parents gérant un seul bébé, les approcher subrepticement et les traiter de lopettes avant de nous enfuir fièrement en poussant notre poussette double. Jouissif.

Thursday, April 26, 2007

Abordage

Lorsque nous promenons les jumelles dans la rue, les gens nous abordent sans cesse. La poussette double est un vrai catalyseur de contact et je pense d'ailleurs que je devrais la prêter à mes amis célibataires. C'est bien plus efficace que d'avoir un chien.

Bon, maintenant, toutes les remarques ne sont pas très subtiles. On nous dit souvent que nos nuits doivent être difficiles (sans blague), ou dans le même registre, que ça doit être du travail. Mais fréquemment, avant ça, il y a cette remarque d'une indicible justesse :"Oh, mais il y en a deux!". Finement observé.

Ensuite, viennent les commentaires sur l'angiome que G. a au coin de l'oeil . "Non madame, ce n'est pas grave, ça part la plupart du temps avant quatre ans et si ce n'est pas le cas, ça se traite facilement au laser". Ensuite seulement peut parfois commencer une vraie conversation.

Allez, encore une ou deux perles entendues récemment. Une dame m'a dit, alors que G. hurlait dans mes bras depuis un quart d'heure "vous devriez peut-être lui donner à boire". Tiens, ça ne me serait pas venu à l'idée ! Ca, la changer et la promener, c'est à peu près tout ce que je fais de mes soirées.
Enfin, le meilleur pour la fin, lorsque j'ai appelé le service du personnel pour annoncer que j'avais des jumelles, la dame m'a dit, après un petit silence "Oh, des jumelles.... Enfin, on ne va pas en jeter une à la poubelle, hein". C'est sûr,ça, Madame.

Wednesday, April 18, 2007

Apprentissages

Mes filles ont appris en seulement sept semaines à :
- têter le sein
- faire la différence entre le jour et la nuit (même si elles ne mettent pas encore cet apprentissage à profit, elles sont bien plus bruyantes le soir)
- moduler leurs pleurs (on commence à différencier les demandes de compagnie des souffrances réelles, mais les unes se transforment en général abruptement en les autres)
- nous reconnaître et sourire (ce n'est pas encore parfait, mais ça nous émerveille déjà)
- tenir leur tête quand on les assied en les tenant par les mains

Elles sont tellement douées que je suis sûr qu'elles auront fini leur thèse de doctorat à 2 ans. Et je suis très objectif.

Tuesday, April 3, 2007

Travail

Reprendre le travail après la naissance de mes jumelles m'inspire des sentiments ambigus.

D'un coté je suis content d'avoir une vie indépendante d'elles, où je parle avec des gens qui ne savent pas ce que c'est de changer des langes douze fois par jour. Ca me permet de revenir plus disponible pour supporter mon amour qui parfois endure des pleurs toutes la journée.

D'un autre coté, quand je suis au bureau, elles me manquent et je culpabilise de laisser mon amour se débrouiller toute seule. J'ai l'impression que je vais rater des évolutions importantes. C'est le syndrôme "J'ai raté ses premiers pas " dont beaucoup de parents souffrent, je pense.

C'est marrant, je viens de remarquer que la plupart de mes messages se présentent comme des dilemnes. Normal pour un père de jumelles ?

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