Tuesday, July 7, 2009

Tellement Belles (5)



Sur cette photo, elles ont deux ans. Il est toujours frappant de comparer avec les photos précédentes : ici, ici, ici et .

Le fait marquant de leurs deux ans, c'est bien sûr qu'elles commencent à parler. Bon, toutes les syllabes ne sont pas encore forcément bien prononcées ou au bon endroit, mais c'est justement très mignon : "guenouillre", "mercir", "Maman elle est pa'tie.", "buzzle" (pour puzzle) ou "bélo", pour vélo.

C'est aussi le début de l'âge du non. Pour l'instant, nous résolvons encore facilement le problème en les investissant de petites missions: Autrement dit, "G., viens à la cuisine", c'est "NON!" tandis que "G., va mettre ce papier dans la poubelle." fonctionne, vu que la poubelle est dans la cuisine. Ouh, que nous sommes fourbes ...

Wednesday, June 10, 2009

Mais où est l'autre ?


"Mais où est l'autre ? ", voilà la nouvelle question que je me pose tous les jours, maintenant que mes filles ont deux ans et trois mois. En effet, elles bougent tout le temps, et je pourrais facilement perdre de vue l'une pendant que je m'occupe de l'autre, alors qu'elles n'ont pas encore pleinement conscience du danger. G. par exemple s'encourt parfois sans prévenir, en particulier au milieu de la rue, pour aller voir un pigeon. Je l'ai un jour retrouvée manipulant une plaquette de dafalgan (du paracetamol, et pour info : c'est très dangereux).

Il faut donc les surveiller en permanence et durant ce temps là, il est virtuellement impossible de mener une activité continue. Il se passe rarement 3 minutes sans que l'on doive intervenir d'une façon ou d'une autre : mettre au coin celle qui a frappé, ramener les biscuits pourtant tant désirés dans l'armoire, expliquer que "Oui, définitivement, ce peigne est bien à ta soeur", ou encore dessiner un bonhomme à la craie, ce qui d'un coup est devenu une urgence vitale. C'est particulièrement vrai à la maison où elles ne sont pas distraites par l'une ou l'autre nouveauté de l'extérieur.

Le bon truc pour les occuper, c'est donc de sortir de chez soi et idéalement, de les mêler à d'autres enfants qui vont attirer leur attention et jouer avec elles. On peut alors regarder notre progéniture s'amuser en socialisant (enfin, quand ce n'est pas en se mordant qu'ils socialisent) et discuter avec d'autres parents des affres de la parentalité ainsi que, de temps en temps, quand on se rend compte qu'il n'y a pas que les enfants dans la vie, de musique, de politique, d'école ou du bon âge pour la propreté. Ah, non, zut, ça nous a encore repris.

Cependant, il faut se méfier : quand on est en groupe, on tend à penser que c'est quelqu'un d'autre qui va surveiller. Du coup, parfois, personne ne le fait. Petite astuce pour les débutants : s'il y a des gens qui n'ont pas d'enfants, ils ne se sentent de toute façon pas responsables. Ils commenceraient peut-être à se poser des questions si vos enfants allumaient une tronçonneuse...

Remarquez, les surveiller n'est pas si pénible. En fait, j'adore les observer béatement, quand elles m'en laissent le temps. Elles ne se ressemblent pas beaucoup. Ni de caractère, ni physiquement. Par contre, elles s'occupent énormément l'une de l'autre, en bien ou en mal. Elles se mordent, se consolent, se réprimandent, s'appellent (et ce, dès le réveil), se manquent, s'étouffent un peu ...

Nous pensons d'ailleurs qu'il serait bon pour elles d'être régulièrement un peu séparées. En outre, il est agréable d'en emmener une toute seule, par exemple pour faire une course. Cela donne une occasion de l'admirer, de se faire une relation privilégiée (la chouchouter, quoi!), et d'arrêter un instant de se poser la question habituelle : " Mais où est l'autre?".

Saturday, March 7, 2009

L'annonce (2)

Quand j'ai appris que j'allais être père de jumeaux, j'ai passé une nuit blanche.

Déjà, je m'étais décidé à avoir un enfant en me disant que ça allait à l'encontre de la plupart des raisonnements rationnels comme :
  • "C'est pas le bon moment, ça va bloquer ma carrière."
  • "C'est pas le bon monde où faire ça, trop de guerre, trop de malheur, trop de pollution, etc, etc et etc ..."
  • "Je ne suis pas sûr d'être un bon père et je ne vais pas exposer une vie entière à ce risque."
Je m'étais dit que de toute façon, quand on réfléchit, ce n'est jamais le bon moment et que zut à la fin, me reproduire, c'était dans mes instincts, comme manger, dormir et respirer et que bon quand même, respirer ne m'avait pas si mal réussi que ça. Il faut dire aussi que l'admiration que je porte à Mon Amour m'incite à demander encore un ou deux petits bouts de marchandise de cette qualité.

Eh bien, voilà qu'avec tous ces doutes qui m'habitaient, on m'annonçait que non, finalement, ce n'était pas une mais deux vies dont j'allais devenir responsable. Dans une tentative de reprise de contrôle, j'ai voulu comprendre ce qui m'arrivait en lisant tout ce que je pouvais sur le sujet. J'ai donc surfé sur internet toute la nuit.

Très mauvaise idée .....

D'abord, on tombe tout de suite sur les mauvaises nouvelles : qui dit grossesse gémellaire dit risque de prématurité (Une grossesse de jumeaux dure en moyenne 37 semaines, contre 40 pour une grossesse normale.). Mais là, on en reste encore à une donnée objective et quantifiable. Là où ça devient carrément angoissant, c'est quand on se retrouve sur des forums plein de mères racontant les mois passés couchés au lit, les accouchements dantesques, les mois de néonatologie, les risques particuliers (syndrome transfuseur/transfusé, toxémie gravidique, rien que les mots font frissonner), les dépressions dûes à la fatigue et l'isolement, ou bien pire encore, la mort d'un de leurs jumeaux à la naissance. Je pense qu'en fait, les gens malheureux ont plus besoin de s'exprimer que les autres et que c'est donc principalement de problèmes et d'angoisses qu'on parle sur internet, alors que je peux vous affirmer que majoritairement, ça se passe très bien.

Franchement, si vous êtes dans un cas similaire, essayez de garder vos questions pour un spécialiste en qui vous avez confiance et qui pourra temporiser vos angoisses. D'un autre côté, personnellement, j'aurais été incapable d'attendre pour chercher des réponses à mes questions. Et c'est peut-être parce que vous êtes comme moi que vous êtes en train de lire ce message...

Friday, November 7, 2008

L'annonce (1)



Après le test de grossesse positif de Mon Amour, nous partons en vacances. Pendant ce temps, nous fantasmons sur ce bébé qui va nous arriver, nous lui trouvons un petit surnom, et Mon Amour passe la moitié de ses journées à se reposer de la fatigue de ce début de grossesse.

Le premier rendez-vous chez la gynécologue n'a donc pas lieu tout de suite. En plus c'est l'été et elle n'est pas disponible rapidement. La grossesse a donc déjà trois mois quand nous y allons pour la première fois.

Le rendez-vous commence par un petit entretien durant lequel la gynécologue nous rappelle les étapes classique : échographie à trois mois pour vérifier la "clarté nucale" (pour surtout écarter la possibilité d'une trisomie) et à six mois pour vérifier la morphologie (pour vérifier la bonne formation des organes, compter les yeux, tout ça ...). Nous avions pas mal lu avant, et étions préparés à ces idées. Nous ne nous stressons donc pas trop. Le rendez-vous se poursuit par un examen gynécologique pendant lequel je me tiens à côté de Mon Amour. Tout va bien, rien de spécial.

La gynéco nous dit alors : "Eh bien, maintenant, on va le regarder". Nous n'avions pas compris qu'elle avait un appareil d'écho à disposition. Nous sommes contents, mais un peu affolés. Mon Amour m'attrape bien fort la main, et on y va. La gynéco place la sonde sur le ventre. Je pense qu'à ce moment, elle est déjà fixée, mais elle nous dit "On ne voit pas très bien, on va mettre la sonde en vaginal". Elle place sa sonde en discutant et en regardant sur son écran, que nous ne voyons pas. D'un coup, elle devient plus sérieuse, plus silencieuse. Nous aussi...

Elle nous demande : "Est-ce que vous êtes prêts à toutes les possibilités ?"

Cette phrase là, je m'en souviendrai toute ma vie.

Nous nous regardons, nous préparant déjà à la mauvaise nouvelle : son coeur ne bat pas, il a deux têtes (ce n'était pas loin finalement), ou encore: "Ah, désolé, finalement ce n'était que de l'aérophagie."

L'un de nous deux doit chuchoter une vague approbation. La gynéco tourne l'écran vers nous et demande à Mon Amour ce qu'elle voit (elle s'y connaît un peu). Personnellement, je vois une peinture abstraite en noir et blanc avec peut-être, là dans un coin, un petit coeur qui bat.

Mon Amour ne voit pas trop. "Et si je déplace la sonde comme ça ?". Là Mon Amour s'aperçoit qu'une certaine tâche plus foncée vient en fait de se séparer en deux parties.

- Mais, euh, il y en a deux ?!?! .... .... Des jumeaux ?
- Oui, c'est ça.

J'éclate de rire. Je ne me rends pas du tout compte de ce qui vient de me tomber dessus. Mon Amour est knock out. Elle pleure un peu. Elle se rend manifestement un peu mieux compte que moi, vu qu'elle parle de déménager et de changer de voiture. La gynéco s'exclame : "Ca, c'est la meilleure de la journée !". Après coup, je me dirai que pour nous, c'était sans doute la meilleure de notre vie...

Ensuite, je ne me rappelle pas de tout, mais Mon Amour elle se souvient surtout de deux choses que la gynéco lui dit. D'une part, ce ne sont plus neuf kilos qu'elle est autorisée à prendre, mais bien dix-huit kilos ... Youpie. D'autre part, la grossesse va demander une surveillance plus rapprochée et le rythme des échographies vient de passer à une par mois... Re youpie.

C'est en sortant de la consultation qu'elle me demande : "Tu ne m'en veux pas ? "

Mais non, je ne t'en veux pas. Evidemment que je ne t'en veux pas, grande nouille ! En fait, déjà à ce moment là, je suis enthousiasmé. Quelque part, au fond de moi, je pense totalement irrationellement qu'on s'aimait trop fort pour qu'il n'y ait qu'un seul bébé.

Saturday, November 1, 2008

Ecole (2)


Nous avons téléphoné à plusieurs écoles maternelles pour savoir si on pouvait visiter et venir discuter du processus d'inscription. Nous avons débarqué à notre premier rendez-vous la fleur au fusil. Après cinq minutes cependant, j'avais déjà les mains un peu moites : tout d'abord, pour se mettre en jambe, nous avons reçu une brochure d'une dizaine de pages, le projet pédagogique, à potasser à la maison. Ensuite, nous avons discuté de l'inscription. Apparemment, nous étions encore à temps (je le rappelle : en octobre, onze mois à l'avance), mais tout juste. A partir du début novembre, les enfants prioritaires peuvent déjà être inscrits (ceux qui ont un frère ou une soeur dans la même école, les enfants du personnel ou les enfants handicapés). Et normalement, selon la directrice, à partir du 15 novembre, les autres peuvent tenter de s'inscrire. Tenter parce que "l'année passée, il fallait faire la file et en deux heures, il n'y avait plus de place". "Et cette année, ce sera sans doute une centrale téléphonique, soyez prêts à changer de nom d'école si au moment du coup de fil, on vout dit que l'école choisie est déjà pleine". Pfff... Au revoir, chère insouciance.

Bon, ensuite, ça m'a semblé beaucoup plus agréable. Nous avons visité l'école, classe par classe et c'était tout un nouveau monde qui nous apparaissait, ou plutôt, réapparaissait en direct de notre enfance. C'est adorable une école : mobilier de petite taille ( j'aurais bien mis "mobilier nain", mais ce n'est pas politiquement correct), lits de sieste, étagères étiquetées, dessins au murs, réfectoire, bibliothèque, cours de récréation... En plus, l'énergie bien canalisée des enfants, c'est tellement enthousiasmant. Quel plaisir d'entendre toute une classe vous dire "Au revoir Monsieur", comme un jeu, ou d'en voir une autre toute concentrée sur la construction de hérissons en pinces à linge. Finalement, j'attends la période des cartables et des copains avec impatience. J'adore pouvoir revivre ça à travers mes enfants.

Nous sommes repartis de là avec l'idée de rappeller le 3 novembre, après les vacances de la Toussaint pour connaître les modalités finales de l'inscription. Eh bien, nous sommes le 4 novembre et nous ne sommes toujours pas sûrs. Au téléphone, l'école m'a dit que la date n'était pas encore fixée, que ce serait sans doute en janvier, qu'il fallait rappeller , mais qu'apparemment ce serait bien par un central téléphonique que ça fonctionnerait. Glups ...

Le système serait le même que pour le secondaire, dont on parle tant dans les journaux en Belgique pour l'instant (et lègèrement différent de celui décrit par la directrice) : durant quinze jours, les parents pourront téléphoner pour inscrire leur enfant à une école et ensuite, si le nombre d'inscrits dépasse le nombre de places, les heureux élus sont tirés au sort. Du coup, pour être sûr d'avoir une place dans une école vous convenant, vous avez intérêt à inscrire vos enfants à plusieurs écoles en parallèle. Honnêtement, je ne vois pas quel argument moral pourrait me pousser à ne pas le faire.

Un point me chiffonne quand même : peut-il arriver qu'une de mes jumelles soit acceptée dans une école et l'autre pas ? J'imagine que non et que si l'une est tirée au sort, l'autre gagne aussi le précieux sésame. Si j'ai raison, nous avons deux fois plus de chance qu'une autre famille. Non, non, je ne jubile pas....

P.S. : pour les modalités d'inscriptions, le système est encore à confirmer... Je ne suis pas le Moniteur Belge

Saturday, October 25, 2008

Ecole (1)

Mes filles ont à peine 20 mois et déjà, il nous faut penser à chercher une école. Elles sont nées en février et font donc partie de ce groupe d'enfants dont on ne sait pas très bien si il faut les mettre en première maternelle à 2 ans et demi ou à trois ans et demi. Pour notre part, nous avons décidé de ne pas les presser, dans l'idée que le stress commencerait bien assez tôt dans leur vie.

Nous voudrions donc leur faire commencer l'école en classe d'accueil à 3 ans et les garder à la crèche jusqu'à ce moment là malgré le coût plus important. Deux raisons principales :
- Elles sont encadrées de plus près. Mon coeur se serre un peu à l'idée de les faire passer à deux ans et demi d'un encadrement avec deux puéricultrices pour 10 enfants à un autre avec une institutrice pour 10 à 20 enfants.
- Les horaires sont quand même plus faciles à gérer pour nous. Je ne sais pas encore très bien comment on va arriver à s'organiser avec la fin de l'école qui tombe aussi tôt que 15H30.

Le problème des horaires d'écoles, tous les parents en parlent. Apparemment, trois solutions s'offrent à nous : l'un de nous arrête de travailler à 15H00 (pas vraiment au programme, ça), on paye quelqu'un pour s'occuper de nos enfants après l'école (ça s'annonce au moins aussi rigolo que de trouver une babysitter), ou on utilise les systèmes de garderie. A ce propos, ma belle-soeur m'a un peu refroidi. Elle m'a gentiment expliqué que dans l'école de ses enfants, plutôt bien cotée par ailleurs, la garde d'une trentaine d'enfants était assurée par des étudiants, pas du tout formés pour ça, et se bornait principalement à s'assurer que tout le monde survivait entier jusqu'à 18H00. Enthousiasmant.

Quoi qu'il en soit, idéalement, elles commenceraient l'école en février 2010. Du coup, elles doivent être inscrites pour la rentrée 2009. Nous nous y prenons donc un peu moins d'un an à l'avance. Ca devrait être largement suffisant, non ?

Eh bien, pas tant que ça....

(A suivre .... )

Tuesday, October 14, 2008

Livres d'enfants


Le jour de l'anniversaire de Mini-Loup tombe un mercredi cette année. Quand il se réveille, son Papa est à la cave, le chalumeau en main, en train de lui fabriquer une voiture à pédale et sa Maman est à la cuisine, en train de lui préparer un gateau. Mini-Loup a oublié que c'est le jour de son anniversaire. et il va donc pester un peu toute la journée, jusqu'à la fête suprise du soir.

Reprenons calmement. On est MERCREDI, la maman de Mini-Loup va passer TOUTE LA JOURNEE à faire des gâteaux à la cuisine, et DES LE REVEIL de mini-loup, probablement VERS 7H00 DU MATIN, son papa FABRIQUE DE SES MAINS UNE VOITURE A PEDALE. Non mais FRANCHEMENT, c'est de la PROVOCATION ou quoi ?

Dans la vraie vie, les parents foncent toute la journée pour essayer de caser une journée de travail acceptable entre le début et la fin de la crèche ou de l'école. Les jour d'anniversaire, ils sont bien heureux de trouver durant leur pause de midi un jouet acceptable dans un magasin à proximité de leur boulot et un gâteau dans une boite en plastique transparent.

C'est le côté exaspérant des livres d'enfants. Par exemple, vous en connaissez beaucoup qui se passent en ville ? Pourquoi est-ce que c'est toujours aussi champêtre ? A ma connaissance, largement plus de la moitié des gens vivent en ville, et probablement en appartement. Ras-le-bol de tous ces petits jardins à pommiers et barrières blanches. Je ne connais personnellement personne qui vive dans de tels décors d'épisode de Winny l'Ourson. Et vous ?

P.S. : Pour Mini-Loup, je n'invente rien, voyez :l'anniversaire de Mini-Loup.

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